Qu’est ce qu’être locavore?

Il y a quelques mois, la présence des yaourts « Le Petit Producteur » dans mon Monop’ préféré, m’a fait me pencher sur la tendance grandissante du locavore.

Qu’est ce que le locavore ? Il s’agit d’un mouvement prônant la consommation de nourriture produite dans un rayon de moins de 250kms de son lieu d’habitation.

On attribue le terme « locavore » à Jessica Prentice qui a proposé, en 2005, aux résidents de San Francisco à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, de manger seulement les aliments cultivés ou produits à l’intérieur d’un rayon de 160 kilomètres.

De nombreux facteurs montrent que manger local n’est pas une mode légère, mais qu’il s’agit bien d’une tendance de fond. Et si nous n’en sommes encore qu’aux prémices en France, le phénomène s’est très vite répandu aux Etats-Unis où il a fait de nombreux adeptes. Par exemple, le restaurant du siège de Google aux Etats-Unis a été baptisé café 150 car tout ce qui est servi est produit dans un rayon de moins de 150 miles. En France, la grande distribution a désormais obligation d’afficher, sur plus de 1000 produits, la consommation de carbone nécessaire à la fabrication de ces derniers (le site http://www.jeconomisemaplanete.fr donne des conseils et des explications sur le réchauffement climatique)

Pourquoi consommer local ?

Consommer local, c’est réduire les émissions de gaz à effet de serre en n’achetant plus les aliments qui ont traversé les mers sur des milliers de kilomètres. Consommer local, c’est relancer l’agriculture de proximité. Consommer local, c’est court-circuiter la grande distribution et garantir un revenu correct aux agriculteurs. Consommer local, c’est meilleur pour la santé car ça pousse les consommateurs à délaisser les aliments calibrés qui regorgent de produits chimiques pour des fruits et légumes récoltés à maturité débordant de vitamines.

Mais peut-on être totalement locavore ? Cela signifie de dire adieu aux mangues, aux ananas, aux bananes, aux patates douces, au chocolat, au thé ou au café, au bœuf de Kobé, au saumon écossais, aux épices, au sel…

Et quand est-il du poisson ou des crustacés ? Ils sont aujourd’hui pêchés dans un grand nombre de cas au delà des 250kms réglementaires. Si nous devions être totalement locavores, il nous faudrait renoncer à un grand nombre d’aliment qui font partis de notre alimentation quotidienne. Il n’est donc pas toujours possible de respecter la règle des 250 kms, c’est pourquoi « l’exception Marco Polo » a été créée : les locavores s’autorisent de consommer certains produits venant de loin et dont il est difficile voire impossible de trouver un équivalent localement. L’exception Marco Polo montre que les locavores restent réalistes : ils ont conscience qu’on ne peut se procurer tous les produits localement !!!

Il est important aujourd’hui de consommer plus intelligemment : manger des produits de saison, éviter la consommation de poissons en voie d’extinction, s’interdire de manger des poissons gavés d’antibiotiques, privilégier la consommation locale et les produits issus de l’agriculture raisonnée, ne plus consommer les produits contenants de l’huile de palme. Il en va de la survie des terres, des animaux, du monde paysan et de notre équilibre écologique.

Si chaque individu respecte ces quelques principes de bases, l’impact sera plus important à l’échelle mondiale.

Il est de la responsabilité de chacun de consommer de manière plus réfléchie et non plus selon ses envies. Chaque individu doit prendre conscience des dangers du chemin que nous avons pris, et du besoin de changer.

Ce que j’aime dans ce mouvement, c’est d’encourager les gens à consommer des produits frais et de saison, à acheter sur les marchés à des agriculteurs locaux.

Ce que j’aime, c’est le fait de privilégier la vente plus directe, sans passer par la grande distribution, et ainsi garantir un revenu décent aux agriculteurs.

Ce que j’aime, c’est que cela met le doigt sur les dangers d’une consommation irraisonnée, qui ne pourra avoir que des conséquences désastreuses pour l’environnement, mais aussi sur la santé des individus.

Je suis consciente que la vie que nous menons aujourd’hui rend plus difficile de changer ses habitudes de vie. Cependant, le développement des AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne), de la cueillette directement à la ferme, permettent de s’approvisionner facilement en produits locaux.

En outre, de nombreuses applications pour Smartphones vous informent sur les produits locaux et de saison au sein de votre région, vous permettent de trouver de producteurs près de chez vous, et peuvent même vous proposer des recettes.

Mais si consommer local vous semble trop contraignant, consommer des produits frais en provenance de nos régions, serait déjà un grand pas : en faisant mon marché ce dimanche, je suis partie à la recherche de girolles pour garnir mon omelette ; de septembre à novembre, la période des champignons bat son plein et cependant je n’ai trouvé que des girolles de Russie ou de Lituanie !!! C’est très étrange je trouve et assez déroutant.

Finalement, être locavore ou non, ce qui est important, c’est d’être un consommateur éclairé !!!

Plus d’informations? 
Le guide du locavore pour mieux consommer local– Anne-Sophie Novel, Editions Eyrolles – 12.90€
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Comments
One Response to “Qu’est ce qu’être locavore?”
  1. batman dit :

    moi j’aime les yaourts alleges…
    mon ventre consomme toujours de maniere reflechie… 🙂

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